Vendanges 2017

Récolte en baisse, qualité au top

Exceptionnel par sa qualité, le millésime 2017 l’est aussi par la faiblesse de ses volumes, en particulier dans la Vallée du Rhône.

Les vignerons de la vallée du Rhône, surtout ceux de la partie méridionale, vont devoir faire contre mauvaise fortune bon cœur. Car la récolte cette année sera extrêmement faible. Le gel et la grêle du printemps dernier en sont les principales raisons mais, même dans les secteurs qui ont été épargnés par ces caprices de la météo, la floraison a été perturbée par une période de froid et de vent et l’on a assisté à une faible sortie de grappes et à une forte coulure sur le grenache qui n’a pas été compensée par les autres cépages.

Si l’on ajoute à ces circonstances très particulières la sécheresse  des mois qui ont précédé les vendanges, on obtient une récolte 2017 extrêmement basse, même si les vignerons qui ont taillé tard mais aussi les secteurs tardifs (Vaison-la-Romaine par exemple) sont un peu moins impactés. La perte y est évaluée entre 10 à 25 % contre plus du double ailleurs.

Heureusement, la qualité sera au rendez-vous et certains parlent même de millésime exceptionnel  avec « des blancs et des rosés très aromatiques, pleins de fruit, et des rouges qui offrent de superbes couleurs, des tanins ronds et fins ».

Dans les Côtes du Rhône septentrionales, qui n’ont pas été impactées par ces mêmes phénomènes de gel et de sécheresse, la baisse de volume est d’environ de 10 à 20 %, ce qui explique la satisfaction des vignerons qui parlent de blancs particulièrement aromatiques et de rouges bien concentrés.

Du côté des vins de Provence, et là aussi malgré des conditions climatiques difficiles (les premières vendanges ont démarré vers le 16 août, un record de précocité dans la région), les vignerons s’en sortent plutôt bien. On aurait pu craindre le pire là aussi avec un coup de gel ressenti au printemps et la sécheresse qui s’est installée de mai à août, mais au final les pertes de récoltes seront comprises entre 5 et 15 %. Ce qui fait dire aux responsables du Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence (CIVP) que les vignerons ont réussi à tirer leur épingle du jeu.

Ce qui n’a pas été le cas partout en France : le Sud-Ouest – notamment le Bordelais – les Charentes, l’Alsace et le Jura sont particulièrement atteints. La Bourgogne, le Beaujolais et le Languedoc ont aussi  été frappés par la grêle. Les vignobles du Sud-Est, de la Corse, du Languedoc et du Beaujolais ont aussi souffert de la sécheresse. Le Jura est le bassin le plus affecté. Le gel a provoqué une chute de 61 % de la production. L’Alsace verrait sa production diminuée de 30 % par rapport à l’an dernier. En revanche, le Val de Loire et le Beaujolais-Bourgogne voient leurs productions augmenter respectivement de 8 % et 4 %.

De manière plus globale, il faut donc noter que cette année la production de vins chute dans en France. Selon les premières estimations du ministère de l’Agriculture, la production viticole française a baissé de 19 % en 2017 par rapport à l’an dernier. Elle est tombée à 36,9 millions d’hectolitres. Selon une étude de BNP Paribas, la récolte française était de 43,2 millions d’hectolitres en 2016. Son niveau était déjà inférieur de 10 % à celui de 2015 et en recul de 6 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

(photo Inter Rhône)