Le bio, fer de lance du château Mongin

L’unité d’exploitation du lycée viticole d’Orange, pôle régional de formation en viticulture et commerce des vins et spiritueux, a opté dès 2012 pour la filière bio. Ses vins sont régulièrement récompensés dans de nombreux concours, dont celui d’Avignon…

A la fois domaine et lieu pédagogique, le lycée viticole d’Orange (9 classes pour 150 élèves sans compter les sections apprentissage et la formation continue) bénéficie d’un emplacement exceptionnel, à deux pas de Châteauneuf-du-Pape. A sa tête depuis 2014, Pascal Buron, ingénieur agronome et œnologue de formation, qui revendique des origines viticoles dans le val de Loire où ses parents et grands-parents étaient vignerons à Vouvray. « Le principe d’un lycée agricole en France, souligne-t-il, c’est d’avoir une structure de formation doublée d’une exploitation qui doit être avant tout une unité de production en capacité de salarier au moins une personne. Et qui doit au minimum être à l’équilibre au niveau financier ».

Ce qui est le cas au château Mongin où l’on recense aujourd’hui  quatre agents sur le domaine de 21 ha plus le chef d’exploitation Romain Padilla, en fonction depuis août 2016. Originaire des Alpes (région de Grenoble), enseignant en viticulture en Alsace avant sa mutation à Orange, lui aussi est ingénieur agronome et œnologue. « Mon job ? dit-il. Faire que l’exploitation tourne au niveau production et soit rentable. » Car même si les vignes et les bâtiments appartiennent au Conseil régional, toute la partie fonctionnement incombe au lycée. « C’est pourquoi nous avons besoin d’un outil qui soit au moins cohérent ». Que ce soit à la vigne, à la cave et à la commercialisation.

« Les salariés du Château Mongin produisent mais doivent aussi avoir une certaine capacité à encadrer les jeunes, précise encore Pascal Buron. Même s’ils ne sont pas des enseignants, ils doivent savoir transmettre leurs compétences. » Plus particulièrement dans le cadre des stages au cours desquels l’élève se retrouve en condition de production. Comme au mois de janvier par exemple où une classe entière a participé pendant une semaine à la taille des vignes. Ou au moment des vendanges où tous les élèves sont réquisitionnés… Une notion essentielle dans la mesure où la formation des bacs pro « vigne et vin » comporte une vingtaine de semaine de stage hors établissement sur trois ans. « A nous de les dégrossir sur l’exploitation et de leur transmettre les bonnes pratiques, pour qu’ils soient à l’aise pendant leurs stages en entreprise. »

Le bio, une force nouvelle

Aujourd’hui en France, sur la  vingtaine de lycées agricoles recensés, deux seulement sont en en bio : celui de Macon et celui d’Orange. « Une démarche pas toujours facile à gérer » si l’on en croit Romain Padilla qui insiste sur les parties techniques au niveau de la vigne plus lourdes à gérer qu’en conventionnel : l’entretien du sol, en particulier le cavaillon (la partie où il y les pieds des vignes) ; et le seul emploi du cuivre et du souffre pour assurer la santé des plantes. Aucun désherbant chimique ! Le temps passé dans les vignes est donc beaucoup plus important, de l’ordre de + 30 %.  « En conventionnel, quand vous désherbez, vous êtes à des vitesses de 6 à 7 km/h et un ou deux passages dans l’année ; quand vous travaillez mécaniquement le sol, vous êtes sur du 2 ou 3 km /h sur certaines opérations et 3 ou 4 passages par an ».

Mais le jeu en vaut la chandelle et les retours auprès de la clientèle – essentiellement constituée de particuliers dans l’Hexagone – sont très positifs. « Le choix de la conversion en bio dès 2009, c’était une demande de la profession et personne ne le regrette. Aujourd’hui, c’est quelque chose que l’on met en avant dans toute notre communication et notre label AB fait partie intégrante de notre identité».

www.chateaumongin.com

REPERES

1974 – La ville d’Orange devient propriétaire du mas Mongin, jusque là propriété de la famille Patin. Elle décide de le louer au collège viticole installé en centre ville. Il n’y a alors que 2 ha de vignes en AOC en production sur les 10 ha que compte le domaine.

1982 – La vendange, qui était livrée à la coopérative du Cellier des Princes à Courthézon, est vinifiée pour la première fois dans la cave qui vient d’être construite sur le site.

1990 – Le Conseil Régional prend la décision de construire un nouveau lycée viticole sur le domaine. Deux hectares de vignes sont sacrifiés pour que ce projet puisse se réaliser, compensés un peu plus tard par  l’acquisition de 10 ha de vignes en appellation d’origine contrôlée CDR Villages sur le lieu-dit des Peyrières.

1992 – Inauguration du nouveau lycée viticole par M. Monory (Président du Sénat) et M. Gaudin (Président du Conseil Régional).

1994 – La profession fait le choix d’implanter son nouveau centre de recherches et d’expérimentations « l’Institut Rhodanien » sur le domaine viticole.

1995 – Acquisition de 1,15 ha en appellation Châteauneuf-du-Pape et création d’un groupement foncier agricole qui laisse en fermage au domaine 1 ha de vigne, toujours en Châteauneuf-du-Pape.

2012 – passage en bio

 

TROIS TERROIRS

Situé au nord de l’appellation Châteauneuf-du-Pape, le vignoble se répartit sur 3 sites : Mongin, Les Peyrières et Maucoil. Il s’appuie sur des sols caillouteux ou sableux.

Le vignoble s’étend sur 21 hectares, dont 2 en appellation Châteauneuf-du-Pape et 11 en appellation Côtes-du-Rhône Villages.

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